vendredi 3 janvier 2014

Résonance – Reconnaissance - Résurgence


Une lectrice du blog, Christine nous envoie sa résonance qui suscite la réponse de Samuel, superviseur en formation
Je viens de parcourir les documents du blog décrivant votre travail au Congo. Je suis tellement touchée et impressionnée par l'immense travail des humains avec Dieu, côte à côte, main dans la main.  C'est donc possible, après ou dans les horreurs, de vivre "autrement", qu'en entretenant les conflits en cascades de vengeance et rétribution.
Pourquoi les grands médias n'en parlent-ils pas ? En passant outre de telles bonnes nouvelles et engagements, les clichés ont la vie de plus en plus dure et tenace, la plupart du temps très négatifs et caricaturaux. Et Dieu sait combien les questions qui sont les questions des congolais sont les nôtres aussi. Avez-vous déjà parlé de tout ça à la télé ou ailleurs, dans les quotidiens? Je me sens portée, et très touchée, par ce que j'ai lu et te remercie, toi et tous les autres, engagés dans ce travail immense.
Dans l'amitié du Christ
Par le CPT, je découvre ce que l’Eternel dit au médecin congolais : ˮ Il n’est pas bon que tu sois seul, je te fais une aide qui est l’aumônier des hôpitaux ‟ (Gen. 2 :18) et à l’aumônier : ˮInvoque-moi, et je te répondrai ; je t’annoncerai de grandes choses, des choses que tu ne connais pas‟ (Jér.33 :3).Ceci inaugure la collaboration entre le médecin et l’aumônier pour une prise en charge complète des patients.

Tous les témoins de la première expérience de CPT à Kisangani sont surpris, étonnés, touchés et émerveillés du travail réalisé en 5 semaines. Ils considèrent l’accompagnement des patients comme de l’évangélisation en profondeur, au centre de l’homme (le cœur).
Ils en expriment le besoin dans les Hôpitaux, les écoles (Primaires et Secondaires), les Universités, les Prisons, les Eglises locales, les Camps de Réfugiés, etc. Au sortir de la formation, les personnalités sont transformées, récréées, prêtes pour la mission du Seigneur. La première réunion de supervision de lauréats CTP 2013/Kisangani le démontre en suffisance.
Que le Seigneur et les Bien-aimés partout ailleurs soutiennent cette entreprise évangélisatrice afin d’aller plus loin et se faire attendre par des actions concrètes de vie et de médias. Merci pour le partage de l’exhortant message de Christine, notre Compagne dans l’œuvre du Seigneur. Que le Seigneur daigne bien la bénir pour ses encouragements et l’intérêt qu’elle attache au travail de CPT en République Démocratique du Congo.
L’écoute et la communication gagnent du terrain. Le feu s’allume lentement mais surement !! Christine me donne l’image d’une servante de Dieu à l’écoute de notre labeur et nos louanges mêlées aux larmes. Elle décolle son bateau de l’autre côté du fleuve pour venir nous exhorter à persévérer et nous prêter son soutien.
Elle a donc rencontré le cœur congolais dans ses premières expériences de CTP à Kisangani (RDC), un cœur à la découverte d’innombrables richesses émotionnelles et spirituelles au service de l’aumônier des hôpitaux (Pasteur). Ses paroles sont pleines d’énergie motrice, capable d’arroser ce qui est semé en collaboration avec notre Dieu qui fait croître (1Co.3 :7).

jeudi 2 janvier 2014

LA VIE D’UN ETUDIANT CONGOLAIS : UN CALVAIRE
« Témoignage de l’étudiant Albert Kasongo


Je publie ci-dessous le texte d'un stagiaire de la dernière session de formation CPT (novembre-décembre 2013), Albert Kasongo. Albert Kasongo a trente ans, il est à la fin de sa formation théologique. Il m'a confié le texte suivant avec le but de parler à partir de sa vie et de son vécu. Je me rends compte que ce texte n'est pas en rapport direct avec notre démarche de formation. Il s'agit d'un témoignage qui parle de la situation fortement critique et dangereuse de son pays, Excusons ses quelques généralisations... Je partage entièrement ce grand souci pour ce pays blessé et mis en danger.
Klaus Völlmin
Albert Kasongo... je suis un étudiant en théologie évangélique en 2ème de licence. aprés 4ans d’études universitaires, je me souviens de mon sujet de dissertation que j’ai traité en 6ème H.S.C : « Les études, un privilège pour les riches ». Mais le Congo est un pays en voie de développement, sa population est à 80 % pauvre et les conditions sont réellement très difficiles, beaucoup de jeunes Congolais ne parviennent pas à terminer leurs études et c'est ça qui fait qu’on a trop de délinquants qui forment les groupes de bandits appelés «  kuluna ».
Pendant tout le temps de mes études je n’étais jamais à l'aise parce qu’il fallait sacrifier les autres besoins de ma vie et de mon foyer pour ne privilégier que les études, entre autres tout ce que je trouvais comme moyens ne partait qu’aux études, beaucoup de mes collègues n’ont pas pu terminer leurs études. Un parent qui fait étudier les enfants doit oublier ses propres besoins. Malheureusement les professeurs de l’université contribuent en partie au calvaire des étudiants. Je me suis rendu compte que le montant qu'ils exigent pour les syllabus, les travaux pratiques, les interrogations et les autres exigences privés surpassent même les frais académiques annuels. En dépit de ça, beaucoup d’étudiants quittent la maison à pied pour aller à l’université, comme mes amis et moi. Maintenant je vais totaliser cinq ans de cet exercice. La conséquence pour ma santé est une hémorroïdie chronique.
En entrant en contact avec les étudiants d’autres universités, j’ai aussi compris que pour réussir les études, il n'y a pas d’autres moyens que la corruption, ceci met en danger immédiat la qualité des études. Ce constat me met très mal à l'aise. Je crains beaucoup pour la qualité des études pour l'avenir. A partir de ce constat inquiétant, ma classe et moi avons écrit un mémorandum à l'Université, malheureusement resté sans réponse jusqu'à aujourd'hui. Je ne peux oublier ce jeu de mots que certains font en disant que « cor-ruptus » parle aussi du cœur brisé. Et ceci en effet est ma grande souffrance, de porter en moi un cœur brisé face à cette situation.
Je me pose souvent la question de savoir si le Congo ne se rend pas compte que les institutions éducatives formes des analphabètes. Quel sera son avenir ? Et quel type de leader forme-t-il ?

Personnellement quand je pense à ce que j'ai vu et ce que me disent les collègues, je comprends qu’étudier au Congo est un calvaire. La jeunesse congolaise est en danger dans toutes les couches.

Maintenant que je termine la licence, je veux continuer le doctorat malgré que les conditions deviennent de plus en plus difficiles. J’ai le souci, la volonté, et l’intelligence pour apprendre avec mes moyens plus que limités, or continuer le doctorat fera de moi un leader capable de crier et de défendre la jeunesse congolaise.

Face à cette oppression qui combat la jeunesse, moi je crie, j’élève ma voix vers les organismes nationaux et internationaux afin qu'ils pensent à cette jeunesse en danger dont je fais aussi partie.

Albert Kasongo
Tel :0812563802
E-MAIL :albertkasongo094@gmail.com

mercredi 1 janvier 2014

Une nouvelle année qui commence de manière alarmante

auf Deutsch...



Aujourd'hui, lundi 30 décembre, nous avons la possibilité de déménager dans le guest-house de l'Église baptiste - bien centré près du fleuve -, après avoir habité en privé chez nos amis Alfred et Lily Mbuta pendant deux mois. Au moment de partir, nous parvient la nouvelle que l'émetteur de la télévision a été attaqué par des inconnus. Nous nous mettons tout-de-même en route car ce quartier en est assez éloigné. Mais à peine partis, dans un bouchon, nous percevons une grande excitation sur les visages et dans les gestes des gens. Notre chauffeur se renseigne auprès de la préfecture de la ville. Les nouvelles sont rassurantes. Alors nous poursuivons. L'excitation augmente considérablement sur la grand place Kintambo-Magasin. Nous suivons l'artère principale ( le long du fleuve, d'est en ouest ), un quart plus tard ce sont des fuyards qui sont poursuivis. Nous avons eu de la chance, à peine deux heures plus tard, les coups de feu reprennent!

Par les nouvelles nous apprenons qu'un groupe de "fanatiques" - le speaker parle de terroristes - a attaqué violemment à trois endroits, l'émetteur de TV, l'aéroport et le quartier général de l'armée. La police et de l'armée réagit rapidement et sans aucun égard avec ces jeunes gens, la plupart sont exécutés sans autre forme de procès, un dizaine dans chacun des trois endroits... L'instigateur de ces actions stupides serait, d'après la rumeur, le prophète auto-proclamé Mukungu Bile, qui s'est régulièrement signalé à l'opinion publique par ses critiques du président de la république. Lui-même s'est retiré dans un lieu inconnu après que d'autres - surtout des femmes - aient payé ses idées de leur vie. Une action incompréhensible, il était d'emblée clair qu'il n'existait aucune chance de modifier le statu quo. Cette action ne s'explique que par les attentes "messianiques" que beaucoup nourrissent à l'égard des prophètes auto-proclamés. La misère est si profonde que les faiseurs de miracles se multiplient à l'envi. Et la présence arrogante des prédicateurs de certaines églises de réveil se poursuit. Dans beaucoup de quartiers, on tombe tous les cinquante mètres sur une église de ce type.

Mais revenons aux événements. En ville, l'excitation des gens est considérable. Nous-mêmes sommes en plein émoi et tension jusqu'à ce que des informations plus précises nous parviennent. Des coups de feu sont toujours encore tirés à proximité sur des personnes. C'est effrayant. Nous sommes très contents de nous en être tirés sans mal et très reconnaissants d'être à l'abri.
Après ces événements, nous nous sommes mis à l'installation de notre nouvel appartement. Il y traine encore de vieilles saletés auxquelles s'ajoutent des déchets de chantier. Ce n'est pas simple pour Béatrice. Nous ne sommes donc pas vraiment sortis de l'auberge. Nous fatiguons. Mais bientôt tout commence à se mettre en place et nous nous sentons bien. Nous sommes plus indépendants. Matin et soir, nous pouvons préparer nos repas et revenons en meilleure forme. C'est bon et nous sommes heureux d'avoir franchi ce pas.
Loger chez l'habitant nous a beaucoup rapprochés des gens d'ici. Pour nous, une précieuse expérience de pouvoir toucher de près les détritus dans les rues, la désespérance, la tristesse des enfants de ne pouvoir fréquenter l'école faute d'argent, la témérité dans le trafic ( l'occasion pour le chauffeur de montrer sa virtuosité! ), les piétons chassés, les histoires autour des soupçons: telle est une sorcière ou une ensorcelée. Cette perception de la pauvreté nous a émus surtout du fait que nous ne pouvions ni ne voulions nous en distancer.
Il est clair que maintenant il nous faut un allègement. Grégoire, le directeur du guest-house est touchant dans son souci que tout soit en ordre dans notre petit logement. C'est merveilleux. Notre douche coule souvent et un groupe électrogène nous évite d'entrer longuement dans la nuit à la lueur des bougies.
Nous avons aujourd'hui le premier janvier, la fête à duré toute la nuit avec de joyeux chants, des discours ébouriffés et des martèlements de tambours et de tam-tams amplifiés à fond. Quand nous en eûmes assez, nous nous glissâmes vers onze heures dans notre lit.
kv (version française: mj)

Rapport de gestion de l'association pour 2013


Introduction

Pour faciliter la lecture, ce rapport est bref. En revanche de nombreux liens provoquent l'affichage d'informations plus approfondies. Ces liens sont en couleur, soulignés et commencent par : Afficher...

Le projet dans ses grandes lignes

Ce projet a pour objectif d'instituer, en collaboration avec les hôpitaux congolais, un réseau d'aumôneries structuré comprenant un nombre suffisant de personnes formées comme accompagnants professionnels ou comme formateurs. A relativement court terme, ce réseau est destiné devenir autonome.
Il est inséré structurellement dans l'Église du Christ au Congo, la Présidence Nationale, le Département d'Évangélisation, vie de l'Église et Mission, la Direction Nationale des aumôneries, Kinshasa RDC.
Une association suisse « Projet CPT au Congo » recueille des fonds et soutient le projet distant. Le présent document est le rapport d'activité de cette association pour l'exercice 2013.
Afficher une description détaillée du projet.

L'année 2013 en bref

Le tableau diachronique suivant fait état de l'évolution des cours depuis 2010.
* Remarque : le coût élevé du cours de CPT Kinshasa 2013 vient du fait que
  • les frais de voyage de deux personnes ont été inclus, dont un devrait être mis sur les comptes de CPT Kinshasa 2014
  • les contributions "locales" importantes n'ont pas été soustraites des charges

Une nette progression se dégage pour 2013, comme le montre ce graphique portant sur le total des jours*participants, le meilleur indice pour évaluer la quantité de travail effectuée.
Il est toutefois à noter que les saisons de cours ne correspondent pas avec un exercice annuel, un cours se tiendra au printemps 2014, il est inclus dans la saison actuelle mais pas dans ce rapport.
2013 est marqué par la répartition de l'effort vers d'autres villes que la capitale.
Cette progression est également sensible sur le plan qualitatif. En 2013, pour la première fois, un cours s'est tenu à l'Est du Congo, à Goma, dans une région troublée. Deux formateurs locaux l'ont animé avec J.C. Schwab. Autre étape décisive, l'ébauche d'une collaboration fructueuse avec l'hôpital de Heal Africa. Enfin, des contacts ont été noués à cette occasion avec les professeurs de théologie pratique de l'Université des Pays des Grands Lacs à Goma.
Le second stage de 2013, tenu à Kisangani, a été pour la première entièrement animé par trois formateurs africains.
En fin d'année, un troisième cours s'est tenu à Kinshasa avec K. Völlmin et huit participants dont certains venaient de l'étranger: Cameroun et Côte d'Ivoire.
Afficher un récit approfondi de ces cours
L'association suisse suit désormais les recommandations RPC
Les Recommandations pour la Présentation des Comptes sont élaborées par une commission de comptables de haut niveau. Sans encore être officielles, elles sont suivies par toutes les organisations qui cherchent à bénéficier d'une grande confiance et se soumettre à des comparaisons. Elles portent sur la présentation des comptes, mais aussi sur diverses autres dimensions des associations, comme le personnel, les donatrices et donateurs, l'évolution diachronique, les apports non-comptables, l'efficience et l'efficacité.
Afficher les principes appliqués
Afficher des informations sur le personnel du projet
Afficher des informations sur les donatrices et donateurs

Comptes 2013

Recette et dépenses

Bilan



Variation de la fortune

Explications relatives aux comptes

La quasi totalité des fonds récoltés servent au cœur du projet : la formation professionnelle spécialisée des pasteurs africains au service des hôpitaux. Une augmentation substantielle des dons a permis l'activation ambitieuse du projet.
Les recettes diverses sont essentiellement des dons anonymes.
Les frais liés à la collecte de fonds se limitent aux frais de banque et aux frais liés à des copies de prospectus mentionnés sous Frais divers.
L'association de possède aucun autre avoir que celui déposé dans le compte bancaire. Elle ne bénéficie pas de recettes en provenance de fonds liés.
Une avance de CHF 19'530.- figure à l'actif du bilan. Il s'agit d'un subside pour un cours en 2014 déjà versé à nos partenaires locaux. Il n'y a pas de provisions.
Les variations du capital dépendent de la chaîne de décision: Dès que la recherche de fonds le permet, des subsides sont attribués à un projet.

Annexe: L'usage des subsides en 2013

Formellement, l'usage des subsides versés à nos partenaires sur place ne fait pas partie de la comptabilité de l'association. En revanche, vu l'intérêt que représentent les effets de ces subsides, un rapport est établi, basé sur les rapports financiers des animateurs africains et les collationnements des superviseurs suisses. Même si les pièces comptables au sens usuel peuvent faire défaut, les partenaires du projet sur place font preuve d'un souci permanent d'exhaustivité et d'exactitude. La partie gauche du tableau reprend les données des comptes de l'association. La partie droite est exprimée en dollars et affiche les usages locaux de ces transferts. Pour que cette partie soit complète, il a aussi été tenu compte de certains dépenses faites en Suisse comme par exemple les visas et autres frais de voyages.

Apports bénévoles et efficacité du projet

Une estimation portant sur les investissements en temps du directeur du projet, des formateurs suisses et des contributions des participants non prises en compte dans le rapport financier conclut à des recettes cachées de l'ordre du $ 158'900. La valeur finale mobilisée est supérieure à celle engagée par l'association suisse et garantit une efficacité de l'investissement évidente.
Afficher l'estimation des apports bénévoles

Efficience du projet

Une évaluation est opérée en permanence durant les cours, des tests finaux sont effectués en fonction des objectifs personnels fixés au départ avec les formateurs. En outre les visiteurs formés sont ensuite suivis pendant deux ans.
Des cours de formation méthodologiques sont proposés tous les 2-3 ans en fonction des possibilités et des besoins.
L'ensemble de cet appareil vise à mesurer l'évolution du savoir-faire et du savoir-être des candidats.
Afficher plus d'informations sur l'efficience du projet

Une conclusion en quatre points

  1. Les besoins et les attentes sont considérables.
  2. La grande générosité des donatrices et donateurs a permis au projet de prendre une ampleur significative.
  3. Par le travail de formateurs locaux et par l'intérêt de certaines institutions locales, le projet se rend partiellement indépendant de l'apport suisse .
  4. En revanche, le ministère des aumôniers d'hôpital bénéficie encore de peu de considération de la part des autorités ecclésiastiques locales.
Afficher plus d'informations sur l'estimation des chances de réussite du projet Enges, le 3 janvier 2014